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Une après-midi au Louisiana : un moment hors du temps en communion avec l’art et la nature

Si la ville de Copenhague ne manque pas de charme et d’activités pour un court séjour, les alentours de la ville méritent également le détour. Je vous emmène ici visiter la région du Nord de la capitale danoise, et plus particulièrement le musée d’art moderne Louisiana, réputé pour la qualité de ses collections et de ses expositions temporaires. A moins d’une heure du centre ville, vivez une parenthèse enchantée dans un endroit alliant calme et beauté …

Un lieu avec une âme qu’on ne veut plus quitter

Il existe quelques endroits au monde qui, une fois découverts, sont extrêmement difficiles à quitter. S’il faut néanmoins s’y résoudre, on rêve d’y retourner au plus vite. Louisiana est clairement à classer de cette catégorie d’endroits avec une âme. Il rejoint ainsi dans mon palmarès de mes endroits préférés l’île de Naoshima, le Daisho-in sur Miyajima ou encore le cimetière d’Okunoin au Mont Koya.

Poussez la porte de cette villa somme toute classique pour découvrir un autre monde

La raison de cet attachement doit trouver ses racines dans le mélange harmonieux entre la nature (le musée est situé en bord de mer avec de magnifiques vues), l’architecture moderniste et minimaliste parfaitement intégrée dans le magnifique paysage et enfin la beauté et la qualité des collections et des expositions que l’on peut admirer dans ce cadre enchanteur.

Un peu d’histoire

Fondée en 1958 par un danois dont la famille avait fait fortune dans le commerce du fromage, le musée est aujourd’hui une référence en matière d’art moderne. Si au départ l’intention était de populariser l’art moderne danois, le musée est assez vite devenu une référence au niveau international et est aujourd’hui réputé pour la qualité de ses collections mais aussi des expositions itinérantes qu’il accueille chaque année. Sa réputation lui permet d’attirer les plus grandes pointures internationales tout en continuant à mettre à l’honneur des artistes moins connus mais prometteurs.

Le musée tient son nom des trois femmes de l’ancien propriétaire de la villa de campagne autour de laquelle ont été construites les différentes ailes du musée. Celles-ci s’appelaient toutes les trois Louise. L’ancienne villa a été conservée et est intégrée dans l’ensemble muséal.

L’ancienne villa autour de laquelle ont été construites les parties plus récentes du musée a été conservée et est aujourd’hui parfaitement intégrée dans le complexe muséal. Pour moi, elle a un petit côté colonial que j’associe au Sud des Etats-Unis et à la Louisiane.

Une architecture moderniste intégrée dans son environnement

Le musée comprend différentes ailes construites en parfaite symbiose avec le paysage escarpé alentours. Certaines parties sont enterrées, d’autres permettent d’admirer de superbes échappées sur le détroit qui sépare le Danemark de la Suède.

Plonger dans l’art tout en profitant de la beauté de la nature

Une architecture moderniste parfaitement intégrée dans le paysage au point où elle se fond dedans

Vues sur le jardin et ses statues à partir de la galerie. Un petit air de jardin japonais …

Des expositions temporaires et des oeuvres phares

La collection comprend 4.000 oeuvres d’art datant de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours. Seule une toute petite partie d’entre elles est visible et un système de rotation des oeuvres est organisé, en parallèle avec les expositions temporaires.

Extrait des expositions visibles en juillet 2021 : Pia Arke, artiste danoise et groenlandaise dont le parcours personnel est marqué par cette double nationalité; Arthur Jafa, artiste noir américain dénonçant le racisme de la société américaine et enfin une exposition sur les réalités de la maternité à travers les âges.

Parmi les oeuvres phares qu’il est toujours possible d’admirer, on trouve une galerie dédiée aux oeuvres du peintre danois Asger Jorn, un des fondateurs du mouvement Cobra, les statues du sculpteur Giacometti mises en valeur dans un superbe espace donnant sur un lac et enfin, la plus récente installation lumineuse de l’artiste japonaise Yayoi Kusama (celle-ci n’est toutefois accessible que lorsque l’aile Sud du musée est ouverte).

Une des toiles colorées du peinte danois Asger Jorn

L’espace consacré aux sculptures de Giacometti

Gleaming light of the souls, l’installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama. Une expérience à vivre qui vous transporte dans un autre univers d’ombre et de lumières

Un jardin de statues

Proche de la nature, le musée vit également au rythme des saisons avec son parc à statues dans lequel il est possible de déambuler. 45 oeuvres d’art sont ainsi disséminées dans le parc et c’est un plaisir de les découvrir dans des coins cachés ou plus isolés. Se balader dans le parc en admirant les statues et les vues est clairement une des activités que j’ai préférée.

Des sculptures avec vue dans un cadre enchanteur

Sculpture d’Henry Moore surplombant la baie
Le module de Calder, une des oeuvres phares du musée

Jouer avec les reflets des sculptures

En été, des concerts sont organisés dans le parc et le week-end le musée est ouvert jusqu’à 22 heures ce qui permet d’y profiter des belles soirées d’été. Une section spécialement dédiée aux enfants leur permet également de se familiariser avec l’art.

Y aller

A partir de la gare centrale de Copenhague, des trains partent à Helsingor toutes les vingts minutes. Le trajet est couvert par la Copenhagen Card. Comptez environ 30 minutes pour vous rendre à Humlebaek (où vous pourrez rejoindre le Louisiana en un petit quart d’heure à pied). La compagnie de chemin de fer danoise propose également des tickets combinés train-entrée au musée pour 210DKK (environ 30 euros).

En pratique

Le Louisiana est ouvert tous les jours sauf le lundi de 11 à 22 heures, sauf les samedi et dimanche où il ferme à 18 heures.

Le musée comprend un magasin où l’on peut acheter des produits design. La cafétéria offre une petite restauration. Par beau temps, c’est l’endroit parfait pour faire une pause et profiter de la vue sur la mer et les oeuvres du jardin.

Découvrir la cité de verre des serres royales de Laeken

S’il faut retenir un point positif de la pandémie de Covid19 et des restrictions de voyage qu’elle entraîne, c’est qu’elle nous aura permis de découvrir les moindres recoins de notre petit pays et d’y dénicher des trésors cachés ou ignorés jusqu’ici.

Je vous emmène aujourd’hui pour une visite inédite des jardins du Château de Laeken et des serres attenantes. Inédite car en raison de la situation sanitaire, le parcours de la visite a été réaménagé et comprend cette année une visite du parc du Château sur environ deux kilomètres avant de plonger dans l’atmosphère subtropicale des principales serres du Palais.

Une fois encore, nous suivons les traces du Roi bâtisseur et controversé, Léopold II.

Une tradition centenaire, une saveur inédite avec une balade dans le parc du Château

Chaque année au mois de mai, depuis plus d’un siècle, les serres royales situées sur le site du Palais de Laeken, résidence de la famille royale belge s’ouvrent pour trois semaines au public.

L’attente devant les grilles du Château

Cette année, la visite est particulière puisqu’elle comprend exceptionnellement une balade d’environ deux kilomètres dans le parc du Palais.

L’itinéraire du parcours 2021. A consulter dans l’allée centrale du parc.

Le parcours passe tout d’abord devant le Palais pour ensuite jouxter les serres avant de rejoindre un Belvédère donnant une vue plongeante sur un lac en contrebas et la capitale à l’horizon.

Le jardin du Belvédère avec sa glycine en fleurs, sa vue sur le lac et au loin la vue sur Bruxelles

La promenade se poursuit le long d’un sentier aménagé et vallonné qui offre de belles perspectives sur les serres.

Les serres vue du Parc

Le parcours permet également de découvrir une vallée creusée par l’homme à la fin du XIXème et agrémentée d’un plan d’eau et d’une copie de ruine d’un temple antique. Je ne peux pas dire que ces fausses ruines m’aient convaincues.

Les fausses ruines dans la vallée créée de toute pièce par l’architecte français Lainé en 1898

On rejoint ensuite les serres en passant devant l’atelier de sculpture de la reine Elisabeth.

L’atelier de sculpture (1938) de la reine Elisabeth, troisième reine des Belges et fondatrice du concours musical qui porte son nom

Arrivés à l’entrée des serres, n’oubliez pas de vous retourner pour admirer une dernière fois la vue et notamment sur la gauche, la pagode japonaise, édifiée environ à la même époque que les serres par l’infatigable roi bâtisseur.

Vue sur la pagode japonaise à partir de la terrasse des serres de l’embarcadère

Une cité de verre et d’acier

Cette année, la visite est limitée aux serres principales, plus spacieuses et plus à même de garantir la distanciation sociale.

La visite débute dans la serre de l’embarcadère pour se poursuivre dans la serre du Congo avant de gagner le Palais d’hiver et de terminer par l’Orangerie.

L’amoureuse d’architecture est instantanément tombée sous la charme de ces merveilles de verres et d’acier, si représentatives de l’architecture de la fin du XIXème siècle.

Construites par l’architecte attitré du Roi Leopold II, Alphonse Balat, les serres furent conçues en 1873 dans l’objectif de compléter le Château de Laeken et d’abriter la collection de fleurs, de plantes et d’arbres exotiques rassemblées dans un premier temps par le Roi au cours de ses voyages.

Construites entre 1874 et 1905 (inspirées par le Crystal palace londonien détruit par le feu et contemporaines de la Tour Eiffel ou du superbe Palais de cristal de Madrid), elles reflètent les innovations techniques de l’époque avec l’usage du verre et de l’acier.

Vue sur le Jardin d’hiver en arrivant de la cour du Château

Balat ayant comme élève, le jeune Victor Horta, les serres préfigurent le mouvement Art nouveau qui fleurira partout en Europe.

Motifs floraux et « coups de fouet » précurseurs de l’Art nouveau

Quelques chiffres permettent de se faire une idée de l’envergure des édifices :

  • le complexe de serres couvre une surface au sol de 1,5 hectares
  • les toitures représentent 2,5 hectares de verre
  • 651 tonnes d’acier ont été nécessaires pour bâtir le seul Jardin d’hiver
  • Les serres abritent des milliers de plantes venant des différents continents dont certaines ont plus de 200 ans
  • 60 employés veillent à la conservation de ce patrimoine.
La coupole de verre du Jardin d’hiver, une prouesse technique et architecturale pour l’époque

Un paradis de fleurs et de plantes tropicales

Contrairement aux jardins botaniques classiques, ne cherchez pas les étiquettes pour indiquer les noms en latin des plantes. Les serres n’ont pas à première vue une vocation scientifique même si on se doute qu’elles contiennent des espèces rares inestimables.

J’ai particulièrement apprécié les splendides pots chinois en émail cloisonné de la serre de l’embarcadère, ramenés par le Roi Leopold II d’un voyage en Extrême-Orient alors qu’il était encore Duc de Brabant.

Exotisme et classicisme accueille le visiteur dans la serre de l’embarcadère

Admirer les plantes et les fleurs mais également la finesse des poteries d’Extrême-Orient

Les serres fleurent également le goût pour l’exotisme, les voyages au long cours et la découverte de nouveaux territoires lointains. Il ne faut pas se voiler la face, elle sont aussi le reflet de l’âge d’or de la Belgique coloniale, avec notamment la serre du Congo.

Découvrir la végétation luxuriante dans la serre du Congo

A l’origine, le Roi voulait y héberger des plantes et arbres tropicaux du bassin du Congo. Cette végétation résistant mal à l’hiver belge, elle fut remplacée par une végétation subtropicale. Elle abrite aujourd’hui des grands palmiers de Chine, d’Australie ou de Californie, des fougères, des caoutchoucs ou des dragonniers.

Fleurs et plantes croisées en chemin. Les plants de fougères semblant sortir tout droit de l’atelier d’un taxidermiste m’ont fait une forte impression

Mais le clou du spectacle est assurément la découverte du Jardin d’hiver. Le première serre construite entre 1874 et 1876. Sa coupole de verre, surmontée d’une couronne est majestueuse. Destinée aux réceptions royales, elle accueille une végétation subtropicale luxuriante avec certaines plantes remontant à sa construction.

La coupole de verre du Jardin d’hiver que l’on peut admirer depuis les jardins
L’intérieur du Jardin d’hiver, ses espaces de réception et son bouquet d’hortensia

La visite se termine dans l’Orangerie qui abrite l’hiver les orangers et les camélias, chers au Roi Léopold II.

L’orangerie utilisée l’hiver pour protéger les plantes du froid et ses orangers

Vous l’aurez compris, la visite m’a enthousiasmé. N’hésitez pas à vous y rendre à votre tour si vous êtes en Belgique au moment de l’ouverture des serres. C’est vraiment une occasion unique de découvrir un patrimoine exceptionnel.

En pratique

Les serres royales de Laeken sont ouvertes au public trois semaines par an, généralement au mois de mai. En 2021, pour des raisons liées à la pandémie, il est obligatoire de réserver au préalable sur le site internet www.koninklijke-serres-royales.be.

L’entrée est de 2,5 euros (2021). Masque obligatoire. Des agents de sécurité/ policiers veillent au grain tout au long du parcours. La visite nous a pris une heure trente environ en prenant des photos mais sans s’attarder exagéremment.

Pour s’y rendre, la gare de Bockstael se trouve à un petit kilomètres de là. Un arrêt de bus « Serres royales » sur la ligne 53 (direction Dieleghem) s’arrête à environ 200 mètres de l’entrée du Palais. Sinon, il est toujours possible de se garer en face du Palais, avenue de la Dynastie (le nombre de places est toutefois limité).

Mes coups de coeur pour découvrir la ville de Bergame, pas à pas

A moins d’une heure de Milan, installée dans la plaine du Pô et entourée de montagnes, la ville de Bergame se partage entre sa ville basse, moderne et commerçante et sa ville haute, médiévale et préservée par ses remparts, vestiges de la domination vénitienne. Si l’ambiance y est très différente, les deux parties de la ville méritent assurément qu’on s’y arrête. La ville est belle dans son ensemble. Si la beauté de la ville haute est évidente, la ville basse est aussi attachante pour qui voudra bien se donner la peine d’aller au delà des apparences. Je vous y emmène découvrir mes endroits et activités préférés.

Les deux Bergame, la basse et la haute protégée par ses remparts vénitiens

1. Prendre le funiculaire vers la ville haute et admirer la vue

Quel que soit le monde de transport utilisé pour arriver à Bergame, vous ne pourrez pas manquer la vue sur la vieille ville en hauteur. Si vous avez peu de temps et n’êtes pas un fan de randonnée, rendez-vous au départ du funiculaire. En service depuis 1887, cette petite merveille part de ville basse pour atteindre en quelques minutes la ville haute en passant le long de la muraille vénitienne. Si vous n’êtes pas sujet au vertige, placez-vous près des vitres et admirez la vue sur la ville, la plaine et les montagnes.

Prendre le funiculaire pour passer de la ville basse à la ville haute. Le trajet peut se faire dans les deux sens même si pour ma part, j’apprécie la descente à pieds le long des remparts.

La vue sur la ville basse depuis le funiculaire

2. Déambuler sur la Piazza Vecchia le nez en l’air

C’était selon Le Corbusier, la plus belle place du monde et y déplacer une seule pierre aurait été un crime. Je trouve cela un brin exagéré mais la place est certainement très harmonieusement dimensionnée et fort élégante. Vous êtes ici au coeur de la cité historique. Elle a abrité le forum romain avant d’être le siège du pouvoir vénitien. Admirez tour à tour :

  • la fontaine de Contarini avec ses sphinx cracheurs d’eau.

Un des sphinx de pierre de la fontaine, en plein centre de la place

  • le Palazzo della Ragione, bâtiment administratif sous la domination vénitienne qui sépara la vieille place de la place de la cathédrale.

L’entrée du Palazzo avec l’escalier donnant sur la place de la cathédrale ainsi que le fronton du Palais avec le lion ailé, symbole de la république de Venise. Des loups aux dents longues semblent garder l’endroit.

A ne pas manquer, sous les arcades du Palais, la méridienne, cadran solaire qui permet d’indiquer le midi solaire.

  • la Tour civique (Torre civica), aussi baptisée grande cloche (Campanone) qui abrite un musée d’histoire de la ville et sonne tous les jours à 22 heures pour rappeler le temps du couvre-feu où les portes de la cité se fermaient pour la nuit.
La grande cloche à l’extrémité de la Piazza Vecchia
  • le Palazzo nuovo, ancienne mairie, reconvertie en une superbe bibliothèque.

L’ancienne mairie reconvertie aujourd’hui en bibliothèque dotée d’une collection très riche de volumes anciens.

Lors de notre dernière visite en septembre 2021, la place était agrémentée d’un véritable jardin de plantes et de fleurs, avec des tables et des chaises invitant à une pause magique hors du temps.

La Piazzia Vecchia transformée en jardin d’agrément pendant le festival paysager

3. En prendre plein la vue en visitant les églises de la ville haute

La place de la cathédrale comprend différents monuments : la cathédrale, la basilique, le baptistère et la chapelle Colleoni.

L’entrée de la place de la cathédrale vue du Palazzo della Ragione, avec la vue sur la façade de marbre de la chapelle Colleoni.

C’est assurément la basilique Santa Maria Maggiore qui est la plus remarquable. Construite sur l’emplacement d’un temple romain, elle est dédiée à la madone pour avoir épargné la ville d’une terrible épidémie de peste vers l’an 1100. Les bergamesques n’ont pas lésiné sur les moyens. La basilique, aux entrées latérales discrètes et construite sur un plan roman est une véritable splendeur baroque à l’intérieur avec ses fresques, ses stucs, ses peintures et ses tapisseries. Il faut bien reconnaître qu’on ne sait plus très bien où donner de la tête devant tant de splendeur. La sépulture en marbre blanc du musicien local Gaetano Donizetti apparaît presque minimaliste face aux ors et aux stucs somptueusement décorés.

L’entrée latérale relativement discrète de la basilique avec ses lions qui en garde l’entrée et son marbre de couleur ouvragé. Rien qui ne laisse présager de la splendeur baroque qu’elle abrite.

Fresques bien conservées de la basilique

La basilique dans toute sa splendeur baroque

Les précieuses marqueteries en bois protégeant l’oeuvre de Lotto
La beauté tranquille de la sépulture du compositeur bergamesque Donizetti , un havre de paix de marbre blanc dans ce décor baroque et doré

La cathédrale, avec sa façade néo-classique fait pâle figure à côté de la basilique adjacente. Un conseil, visitez-là en premier pour y trouver un peu d’intérêt.

La cathedrale, adossée au Palais della Ragione

Le baptistère, construit sur un plan octogonal au XIVème siècle et déplacé à la fin du XIXème est plus intéressant. Lorsqu’il est ouvert, on peut y admirer une statue de Saint-Jean Baptiste. J’apprécie aussi tout particulièrement les deux statues de pierre qui l’entourent et qui elles sont visibles en toute saison.

4. Présenter ses respects au condottière Colleoni

Le condottière Colleoni a certainement marqué sa ville natale de son empreinte. La chapelle qui abrite sa sépulture est une merveille de la renaissance italienne. L’entrée y est gratuite mais les photos intérieures sont strictement interdites. On se contentera alors de se plonger dans la beauté des sarcophages en marbre, des bois sculptés des bancs et d’admirer la statue équestre à la gloire du mercenaire tour à tour au service de Milan et de Venise.

La façade de marbre de la sépulture du condottière Colleoni. Ce dernier n’a pas hésité à faire abattre une partie de l’église voisine pour édifier ce monument à sa gloire.

L’homme qui n’avait pas froid aux yeux et aurait été atteint de triochidisme (à savoir le fait d’avoir trois testicules). Qu’à cela ne tienne, il en a fait sa marque de fabrique et le blason de sa famille qui trône à l’entrée de la chapelle. Il parait que toucher les trois attributs à minuit porte bonheur. A voir le polissage du blason aux endroits clés, la pratique est certainement très populaire. Je dois bien avouer m’être pliée à l’exercice.

Le blason porte-bonheur du condottiere. A chacun de choisir la version à polir.

5. Se perdre dans les ruelles de la ville haute et admirer la vue du haut des remparts

La ville haute n’est pas très grande mais il est tout de même possible de s’y perdre et d’y découvrir un peu par hasard, les façades d’anciens palais, de belles fontaines ou statues ou encore d’admirer des vues plongeantes sur la ville basse et les montagnes environnantes. Pour se perdre, bifurquez à l’écart de la rue principale qui traverse la ville haute et partez à l’aventure.

Découvrir des palais, des cours ou encore l’ancien lavoir, s’enfoncer dans des ruelles pavées et faire des rencontres parfois surprenante, comme ce personnage incarnant un médecin de la peste et jouant avec les enfants en 2013. A la lumière de la pandémie actuelle, cette photo a pris une toute autre dimension.

Classés par l’UNESCO depuis 2017, le tour des remparts vénitiens avec ces différentes portes protégeant les entrées de la ville est également un must.

6. Faire une pause au jardin botanique

Accéder au jardin botanique se mérite puisqu’il faut gravir une belle volée d’escaliers avant d’atteindre l’entrée discrète du jardin. Arrivés, on peut y admirer de superbes vues sur la vallée en se reposant à l’ombre sur un banc à écouter le bruit de l’eau dans un petit étang. Une pause relaxante et hors du temps qui m’a rappelé la visite de certains petits jardins japonais. Succursale du musée des sciences naturelles voisin, le jardin comprend essentiellement des essences locales et alpines mais aussi quelques espèces plus exotiques. La descente se fait par palier en serpentant le long de la colline. On y découvre tour à tour des plantes potagères, des cactus ou encore des fougères. L’entrée est gratuite et nous étions à peu près seuls lors de notre première visite en septembre 2021.

7. Approfondir sa connaissance de l’art à l’académie Carrare

Nouvellement restauré, l’Accademia Carrara permet de manière chronologique d’admirer les oeuvres de la Renaissance italienne principalement. On n’est pas au niveau des pinacothèques des grandes villes italiennes comme Florence ou Milan mais la collection est honorable. Des expositions temporaires thématiques sont également organisées. Juste en face du musée, vous pouvez aussi le GAMEC (Musée d’Art moderne et contemporain).

La pinacothèque et un souvenir d’une exposition passée consacrée au Caravage.

8. Flâner dans les rues commerçantes de la ville basse et s’arrêter pour regarder les passants

Les rues commerçantes de la ville basse sont généralement très animées. On y trouve des grands magasins comme Coin, toutes les grandes marques italiennes et internationales de vêtements ou de maroquinerie mais également quelques petites boutiques de papeterie où le temps semble s’être arrêté. La ville basse est également parfaite pour s’arrêter et faire une pause après ses achats, à l’ombre de places ou de galeries marchandes. C’est l’occasion de prendre le temps de se poser, d’observer les passants et de sentir la ville vibrante, occupée mais qui sait aussi profiter de la vie.

9. Admirer l’architecture du début du XXème siècle dans la ville basse

La ville basse de Bergame recèle aussi quelques chefs d’oeuvre de l’architecture italienne de la première moitié du XXème siècle. Peu de publicité est faite autour des bâtiments mais il est possible d’en apprendre un peu plus avec les panneaux explicatifs placés devant les bâtiments.

Après un peu de recherche, on apprend que la ville basse a été remodelée au début du XXème siècle par un jeune architecte âgé de 26 ans au moment de la commande des bâtiments. Il s’agit de l’architecte Marcello Piacentini qui se distinguera quelques années plus tard comme le leader de l’architecture fasciste.

C’est peut-être ce côté sulfureux qui fait que la richesse architecturale de la ville basse est passée sous silence. Il n’empêche, on doit à Piacentini, un centre commercial avec de superbes colonnes qui abritait les anciennes foires de la ville, la banque italienne, le Palais de Justice mais aussi la Torre de Caduti, tour à l’horloge qui symbolise la ville basse et dédiée aux victimes de la première guerre mondiale.

La partie commerçante de la ville basse avec ses galeries en colonnade élégantes

La banque d’Italie et sa façade néo-classique à la porte et aux plafonds sublimés à la nuit tombée.

Le palais de Justice de la ville basse avec ses statues de la loi et de la justice.

Parmi les bâtiments dignes d’intérêt, on trouve aussi le Palais de la poste et des télégraphes, construit dans les années trente par l’architecte attitré du Ministère des chemins de fer et des télécommunications, Angiolo Mazzoni, à une époque où l’Italie fasciste se voulait associée au progrès et à l’architecture rationaliste. Admirez sa tour avec l’horloge, ses statues monumentales et sa piscine en mosaïque. La poste est toujours ouverte au public et l’intérieur vaut aussi le coup d’oeil.

Enfin, toujours en réfection depuis quelques années, l’ancienne Casa Littoria rebaptisée Palais de la Liberté, construite à la fin des années 30 pour abriter le siège du parti de Mussolini.

10. Se régaler des spécialités culinaires bergamesques

La ville est extrêmement fière de ses spécialités locales. Il n’est pas rare d’être accueilli avec un grand sourire quand vous commandez un verre de vin de la région ou une charcuterie ou un fromage du pays. Le kilomètre zéro est une véritable religion. Les plats sont simples et goûteux.

Un repas se compose en principe d’un antipasto (entrée), suivi d’un primo piatto (premier plat, constitué de pâtes, d’une soupe ou de riz), d’un secondo (second plat, poisson ou viande) assorti d’un contorno (pommes de terres rôties, légumes ou salade) pour finir par un dolce (dessert) avant le café pour clôturer le repas. Après, chacun fait un peu comme il veut pour combiner un, deux ou trois plats.

Au rang des spécialités, la polenta constitue la base de la cuisine bergamesque. On la trouve simple ou taragna, c’est-à-dire assortie d’un fromage de montagne qui fond par dessus. Comme une expression en dialecte local l’atteste, « polenta et tu ajoutes tout ce que tu veux … » Personnellement, j’adore mêler polenta, charcuteries et fromages locaux.

La polenta taragna agrémentée de charcuterie locale, le repas parfait pour affronter le froid de l’hiver

Les casonsei (en dialecte) ou casoncelli sont une autre spécialité. Il s’agit de raviolis fourrés à la viande assaisonnés de beurre, de sauge et de petits morceaux de pancetta, le tout agrémenté si on le souhaite de parmesan. Une tuerie.

Casonsei de chez Da Mimmo

La viande est également très présente : sous la forme d’escalope de veau à la milanèse (souvenir de l’occupation autrichienne) ou encore la tagliata de boeuf tout juste saisie servie avec des pommes de terre rissolées et de la roquette.

Pour finir, les glaces sont bien présentes. Goûtez à la stracciattella, inventée à Bergame ou encore les petits gâteaux polenta e oisei qui rappellent le repas traditionnel mais cachent un coeur sucré de génoise décoré de massepain et de chocolat.

Pâtisserie vendant les douceurs locales comme la polenta e osei

Mes endroits préférés pour déguster les spécialités locales :

  • Il Maialino di Gio : dans la ville basse, en terrasse. Parfait pour un apéritif ou pour déguster les superbes planches de charcuterie et de fromages de la région. La carte des vins est également impressionnante et le service attentif. Privilégiez les vins locaux comme le Valcalepio ou le pétillant Franciacorta de la province voisine de Brescia.
  • Da Mimmo, un grand classique apprécié des habitants de Bergame dans la ville haute. Vous pourrez y déguster les spécialités de Bergame mais également des pizzas. Allez-y un dimanche midi pour un déjeuner traditionnel bergamesque.
  • Trattoria Camozzi Da Claudio, une trattoria de qualité dédiée aux poissons et aux fruits de mer. Pour changer des escalopes et de la tagliata de boeuf. Le service est impeccable, les choix de plats variés (la lotte est à tomber), les assiettes copieuses. Une très belle adresse à quelques minutes du centre de la ville basse.
  • L’ancien café du bâtiment du funiculaire dans la ville haute qui abrite aujourd’hui une succursale de la chaîne milanaise California bakery Personnellement, je reste nostalgique de l’ancien café qui servait de superbes apéritifs et assiettes de spécialités bergamesques. Mais bon, la vue de la terrasse en style Liberty est toujours aussi exceptionnelle et le café est correct.
  • Pasticceria La Marianna (Largo colle aperto 4 dans la ville haute) pour déguster une authentique glace stracciattella.

En pratique

Quand partir ?

Bergame se visite en toute saison, avec une préférence pour le printemps ou le début de l’automne. La ville est belle en toute saison, y compris l’hiver avec ses journées froides mais ensoleillées.

Y aller

Bergame est très bien desservie par l’aéroport international Orio al Serio, avec des vols lowcost Ryanair ou Wizzair. Au départ de Bruxelles-Charleroi, le temps de vol est d’environ une heure et vingt minutes.

Un taxi vous emmène au centre ville en moins d’un quart d’heure pour une quinzaine d’euros. Des bus de la compagnie locale ATB desservent également l’aéroport à une fréquence de trois-quatre bus par heure en semaine (fréquence réduite à deux par heure le dimanche). Le coût est de 3 euros. Les horaires sont ici.

A partir de Milan, il est possible de rejoindre Bergame en train en un peu moins d’une heure pour 5,6 euros en deuxième classe (prix 2021). Pour acheter votre ticket en ligne (en anglais), c’est ici.

S’y déplacer

Si la ville est étendue, la ville basse et la ville haute se visitent facilement à pied. Pour l’expérience et si vous souhaitez vous épargner la montée vers la ville haute, vous pouvez facilement emprunter le funiculaire (V.le Vittorio Emanuele II 62; billetterie disponible à l’entrée).

Y loger

J’apprécie le confort du NH Bergamo, situé à quelques minutes de la marche de la gare, dans la ville basse. Les chambres sont confortables et le petit déjeuner aux standards espagnols au top.

Une alternative, dans le même quartier, le Mercure Palazzo Dolci offre un confort similaire.

Comme je privilégie l’accès facile aux moyens de transport, je n’ai pas encore logé dans la ville haute, même si l’endroit a certainement beaucoup de charme.

Règles Covid (2021)

Comme partout en Italie, un « covid green pass » est obligatoire pour accéder aux restaurants et aux musées. Vous êtes priés de le présenter si on vous le réclame (ce qui n’est clairement pas systématique).

6 mots clés pour décoder le mode de vie danois

Lors de notre long week-end à Copenhague, nous nous sommes rendus au Centre danois d’architecture. Nous y avons visité une exposition intéressante qui expliquait de manière assez didactique les concepts clés autour desquels les architectes danois construisaient leurs quartiers et leurs habitations. Ces 6 mots clés résument pour moi la quintessence de mes découvertes de Copenhague et de ses environs. Je vous les décode ici.

Le centre danois d’architecture au sein du complexe BLOX, dessiné par le bureau néerlandais OMA

1. WATER – EAU

Avec ces 52.518 kilomètres de côtes et ses 443 îles, le Danemark est assurément un pays maritime tourné vers la mer. La ville de Copenhague s’est construite en partie sur l’eau en gagnant des territoires sur la mer. Comme Venise, elle est aujourd’hui confrontée aux menaces liées au réchauffement climatique et a lancé de vastes projets visant à la protéger des inondations.

L’eau n’est jamais loin à Copenhague. Pour en profiter, je vous conseille les visites et activités suivantes :

  • Visiter la ville en bateau
  • Se promener le long des canaux à Christianhavn et admirer les houseboats
  • Faire le tour des principales fontaines de la ville
  • Traverser les ponts
  • Découvrir le musée maritime d’Helsingor

1.1. Voir la ville du bord de l’eau

Même si c’est hyper touristique, monter dans un bateau qui fait pendant une petite heure le tour des principales activités touristiques au bord de l’eau est certainement à faire lors d’une première visite à Copenhague. Cela permet non seulement d’admirer sous un autre angle les superbes bâtiments construits dans le port intérieur mais aussi de mieux cerner la géographie de la ville et de repérer de chouettes quartiers ou de belles terrasses où s’attarder par la suite. La plupart des mini croisières partent de Nyhavn. Si vous êtes détenteurs de la Copenhagen card, vous pouvez embarquer gratuitement à Ved Stranden avec Canal tours.

Mini croisière touristique pour admirer les bâtiments publics construits au bord de l’eau

Une alternative est d’emprunter les bateaux jaunes de la société des transports en commun de la ville qui vous débarqueront tour à tour près de la petite sirène, devant l’Opéra ou la bibliothèque nationale.

Prendre à pied ou à vélo le mini ferry pour se rendre de l’autre côté de la rive

1.2. Se promener le long des canaux et admirer les boat houses

Certains quartiers de Copenhague ressemblent par certains côtés à Amsterdam. C’est tout particulièrement le cas de Christianhavn, ancien quartier fortifié au XVIIème siècle pour protéger la ville. Aujourd’hui, c’est un quartier résidentiel où il est très agréable de flâner.

Christianhavn, ses maisons classiques et ses canaux
Houseboat, sur la route qui mène à Papieroen (ancien temple de la street food, aujourd’hui fermé)
Un autre type de houseboat, plus minimaliste
Des maisons conteneurs construites sur l’eau pour héberger les étudiants

1.3. Admirer les principales fontaines de la ville

C’est plutôt un choix personnel mais j’adore photographier les fontaines lorsque je visite une ville. A Copenhague, les fontaines sont souvent agrémentées d’animaux magiques ou pas.

De droite à gauche, la fontaine aux dragons sur la place de l’hôtel de ville, la fontaine aux poissons sur la place de l’ancien marché aux poissons et enfin l’élégante fontaine agrémentée de trois cigognes sur la place Amagertov, en plein centre ville.

La fontaine la plus impressionnante se trouve dans le port en bordure de la ville, juste à côté du Kastellett, l’ancienne citadelle militaire. Financée par les Carlsberg à la fin du XIXème siècle, elle représente la déesse nordique Gefion qui serait à l’origine de la fondation de la ville. Aidée de ses 4 fils transformés en boeufs, elle aurait obtenu d’un Roi suédois toutes les terres qu’elle pourrait labourer en une journée. Ces fils ont labouré tellement fort que l’île de Zélande est née en se séparant de la Suède pour fonder Copenhague.

La fontaine Gefion avec en arrière plan la charmante église anglicane de Saint Alban

1.4. Traverser les ponts

Comme toutes les villes construites sur l’eau, Copenhague est traversée par différents ponts. Les plus intéressants se trouvent dans le port intérieur et on été construits récemment à usage des cyclistes ou des piétons.

Inderhavnsbroen ou pont du port intérieur, destiné aux piétons et aux cyclistes

Détail d’un des médaillons du pont de grès menant au Palais de Christianborg qui abrite aujourd’hui les bureaux du Premier Ministre, le Parlement et la Cour Suprême danoise

1.5. Visiter le musée maritime du Danemark

Enterré dans une cale sèche de la ville côtière d’Helsingor, le musée maritime est avant tout un joyau d’architecture contemporaine.

Réputé pour son design et dessiné par le bureau d’architecture  Bjarke Ingels Group (BIG) a déjà gagné différents concours d’architecture depuis sa fondation en 2013. Sa construction souterraine est due à l’interdiction de construire en hauteur pour ne pas cacher la vue du château de Kronborg, à proximité.

Le musée illustre aussi l’histoire d’un peuple qui s’est construit autour de la mer. La vie des marins (et de leurs épouses) y est décrite au fil du temps. Maquettes, peintures, photographies et artéfacts nous font revivre les guerres napoléoniennes, la conquête des colonies, les voyages transatlantiques, les deux guerres mondiales et plus récemment la suprématie de la compagnie Maersk, dans le commerce international par containers.

2. NATURE

Si 10% de la population danoise se concentre dans la capitale, Copenhague reste une ville très aérée avec peu de bâtiments hauts et un grand nombre d’espaces verts.

Pour profiter de la nature en ville, je vous invite à découvrir le jardin botanique situé à côté du Palais de Rosenborg.

Se poser dans le magnifique jardin botanique. Evitez le lundi pour la visite car si le jardin reste ouvert la serre aux palmiers et le jardin des papillons sont fermés.

Lors d’un prochain voyage, je compte bien aller flâner dans le cimetière Assistens mais j’ai manqué de temps jusqu’ici.

3. TRUST – CONFIANCE

Le Danemark est un des pays au monde où la taxation est la plus forte. En parallèle, le modèle social danois garanti un certain nombre de droits sociaux comme l’éducation gratuite jusqu’à l’université, des soins de santé de qualité, un accueil des enfants bien organisé, des congés payés. Le pacte social danois est basé sur la confiance : confiance des danois vis-à-vis de l’Etat mais également entre eux avec l’idée sous-jacente que les citoyens joueront le jeu et s’intégreront au système.

Même si ce n’est pas aussi visible que l’eau ou le contact avec la nature, cette confiance se traduit par des investissements importants dans les services publics. J’ai personnellement été étonnée par le nombre et le luxe des constructions ou des rénovations de bâtiments publics (venant d’un pays où il pleut dans nos musées nationaux faute d’entretien).

De gauche à droite, la bibliothèque nationale, l’opéra et le nouveau théâtre national dans le port intérieur réhabilité.

Cette confiance se retrouve également dans le sentiment de sécurité ressenti lorsqu’on se balade en ville (Copenhague est une des villes d’Europe les plus sûres), y compris en soirée.

La manière dont la crise sanitaire est gérée reflète également la confiance. Un pass sanitaire est imposé pour entrer à l’intérieur de bâtiments publics ou de divertissements. Les contrôles sont systématiques mais réalisés de manière tout à fait respectueuse pour les différentes parties.

4. HYGGE

Le hygge est associé au mode de vie danois. Selon les sondages, le peuple danois est le peuple le plus heureux du mode et certains l’expliquent par la philosophie du Hygge. Ce terme, venu du norvégien du XVIIIème siècle est à peu près intraduisible dans d’autres langues. Il s’apparente au cosy anglais, au confortable ou encore au bien-être en français. C’est l’idée selon laquelle il faut profiter des moments simples de la vie auprès des personnes que l’on aime. Les mauvaises langues expliquent que dans un pays avec des services publics de qualité, un confort matériel de vie et des heures de travail réduites, il est plus facile de profiter de la vie.

Le Hygge se manifeste au quotidien par un bon repas au restaurant entouré de bougies, par une pause dans un parc avec des amis ou sa famille, ou encore en hiver par un chocolat chaud emmitouflé dans une couverture bien chaude. L’atmosphère Hygge est pour moi perceptible dans la déco des restaurants à l’ambiance à la fois minimaliste et chaude mais aussi à la manière dont les lieux publics prévoient des lieux d’accueil pour les enfants.

Une terrasse avec ses plaids, prête à vous accueillir pour un moment hygge
Les espaces de jeu dédiés aux enfants dans les différents musées visités contribuent aussi au Hygge, ces instants magiques passés en famille

5. DESIGN

Le design danois est réputé dans le monde entier. Il se veut fonctionnel, pratique et abordable. Inspiré des idées de la social-démocratie, les architectes et designers danois ont mis un point d’honneur à créer des produits qui, encore aujourd’hui, se retrouvent encore dans presque toutes les maisons danoises.

Parmi les grands noms, on peut citer Poul Henningsen, Arne Jacobsen ou encore Verner Panton.

Deux icônes du design : la lampe Louis Poulsen et les célèbres boîtes aux lettres rouges qu’on trouve étonnamment toujours par deux

Pour admirer le design danois, vous pouvez pousser la porte

  • du Centre danois d’architecture
  • du Musée du design de Copenhague (en travaux à l’été 2021)
  • de votre hôtel qui contiendra probablement quelques grands classiques du design danois.

Le centre danois d’architecte avec ses expos temporaires, son restaurant sur le toit, son toboggan géant qui fait la joie des petits et grands.

Le musée du design en 2016. Lors de notre visite à l’été 2021, il était fermé pour restauration.

L’hôtel SAS à côté de la gare centrale de Copenhague. Construit par Arne Jacobsen qui le meubla avec les mythiques Egg et Swan chairs.

6. CYCLING – FAIRE DU VELO

Pas moyen d’y échapper, le vélo est clairement le mode de transport le plus utilisé par les danois. Depuis 2016, le nombre de vélos a d’ailleurs dépassé le nombre de voitures dans la capitale. La ville est d’ailleurs citée en exemple comme une des villes les plus « bike-friendly » et est fière d’accueillir toute l’année des délégations étrangères venant étudier l’exemple danois.

Les danois font tout à vélo : aller au travail, conduire les enfants à l’école dans de nombreux vélos cargos, se marier …

Un mariage à vélo cargo juste devant l’hôtel de ville. Saviez-vous que Copenhague était le Las Vegas européen et qu’il est très facile pour les étrangers de s’y marier ?

Les pistes cyclables et les emplacements vélos sont présents partout en ville. Ne vous mettez pas sur le chemin des nuées de cyclistes à la sortie des bureaux car vous risqueriez de vous faire renverser.

Musée Hergé: embarquement immédiat dans l’univers du créateur de Tintin

Pour tuer le temps en ces périodes de confinement à répétition dues à l’épidémie de Covid19, je me suis décidée une fin d’après-midi à pousser la porte du musée Hergé, situé à Louvain-La-Neuve, à un quart d’heure de chez moi. Fan d’architecture, j’y allais avant tout pour le bâtiment du « starchitecte » Christian de Portzamparc et moins pour une plongée dans le monde de Tintin, héros de bande dessinée presque centenaire et un peu naïf et lisse à mes yeux. Je me suis au final immergée pendant plus de deux heures dans le monde complexe de son auteur Georges Remi, dit Hergé…

Premières impressions

Situé en bordure de forêt, un peu à l’écart de la ville, le musée en impose d’abord par la complexité de ses angles et sa forme dont la perspective varie selon l’endroit où l’on se trouve. A partir de la ville, la passerelle à emprunter donne l’impression de larguer les amarres pour prendre le large vers de nouvelles aventures. Les vitres découpées comme des planches de bandes dessinées rappellent que le bâtiment est dédié à un maître du neuvième art.

L’appel du large ou l’entrée dans l’univers du créateur de Tintin, le petit reporter
Une ligne claire et des fenêtres en forme de planches de bandes dessinées

A l’intérieur, de beaux volumes, énormément de lumière avec des murs peints dans des tons pastels. Après avoir confirmé ma réservation, je vérifie la possibilité de prendre des photos à l’intérieur malgré le fait que cela a été interdit dans le passé. Je prends alors l’ascenseur vers le troisième étage pour démarrer la visite, sans trop bien savoir à quoi m’attendre.

C’est parti pour deux heures d’immersion dans le monde d’Hergé, de salle en salle et de passerelle en passerelle. 3.600 mètres carrés d’espaces d’exposition, 80 planches et 800 photos et documents divers, le tout présenté à la fois de manière thématique et chronologique.

Le bâtiment sous différentes perspectives

Un homme et puis son oeuvre

Boum ! la célèbre chanson de Charles Trenet vous accueille dans la première salle où vous pouvez admirer des photos de Georges Remi, alias Hergé à tout âge, mêlées à des bulles faisant défiler les différents personnages qu’il a créé.

Le ton est donné. On est ici dans un musée consacré à l’homme derrière les personnages dans une ambiance relativement intimiste. On apprend ainsi qu’Hergé est issu d’un milieu catholique conservateur, profondément inspiré par le scoutisme dont les valeurs seront incarnées plus tard par Tintin, le vaillant reporter toujours flanqué de son terrier blanc Milou.

Quelques objets intimes sont également exposés ainsi que les premières planches et des exemplaires du Petit Vingtième, le supplément du journal le Vingtième siècle dans lequel furent éditées les premières aventures de Tintin.

Où on apprend que le père d’Hergé était aussi photographe et un fan de Leica

Premières publications d’Hergé ainsi qu’une photographie rappelant ses liens avec le scoutisme et la jeunesse catholique

La visite se poursuit avec l’exposition de photos ancrant Hergé dans son époque et montrant également ses oeuvres moins connues en tant que graphiste et publicitaire.

Photos illustrant l’époque des oeuvres d’Hergé : l’époque coloniale et Hergé et son ami Tchang au Cinquantenaire à Bruxelles

Des affiches commerciales réalisées pour des commerces bruxellois. Où on apprend qu’Hergé est également un publiciste, un graphiste et un designer

Une famille de papier et des voyages extraordinaires

Le monde d’Hergé, c’est aussi une foule de personnages, souvent haut en couleurs, inspirés de personnages historiques, voire inventés de toutes pièces.

Le musée met en valeur les principaux personnages en expliquant leur naissance, leur caractère et leur évolution au fil du temps, le tout au moyen de planches et de dessins.

Tintin, les Dupont/Dupond et des extraits de leurs aventures

Le capitaine Haddock et la scénographie de la salle dédiée à la « famille de papier d’Hergé »

Bulles reprenant l’ensemble des personnages des aventures de Tintin

A côté des personnages souvent haut en couleurs qui contrastent avec le côté boy scout de Tintin, l’intrépide reporter, les aventures décrites par Hergé alternent les genres passant de l’aventure policière, aux voyages au bout du monde en passant par la science-fiction et les récits fantastiques.

Le musée fait la part belle aux aventures fantastiques avec la navette qui emmènera Tintin sur la lune ou encore le bathyscaphe du Trésor de Rackham le rouge.

Objectif lune

Maquette du sous-marin du Trésor de Rackham le rouge

L’accent est également mis sur les voyages, la découverte d’autres cultures et la manière dont Hergé, depuis sa rencontre avec Tchang et le Lotus bleu accordait une grande importance à documenter avec le plus de précisions possibles les aventures qu’il imaginait ou dont il s’inspirait.

Artéfacts évoquant les aventures de Tintin, telle la statuette qui inspira l’oreille cassée

La carte du monde vue par Tintin

Avec le temps, Hergé s’est constitué une équipe autour des studios Hergé auxquels vont collaborer des auteurs comme Edgar P Jacobs, Jacques Martin ou Roger Leloup. Une salle est consacrée à ces différentes collaborations avec un accent sur la mise en couleurs de planches. On y apprend aussi l’origine du vocabulaire fleuri du capitaine Haddock ou du nom de certains personnages, à savoir le dialecte des Marolles.

Quelques explications techniques entre la méthode de la ligne claire et les différentes étapes de la mise en couleur d’une page

Les derniers hommages

La dernière salle est consacrée aux hommages rendus par différentes personnalités au moment de la mort d’Hergé et à son combat pour les droits de l’homme au Tibet, notamment.

Hergé par Warhol
Même si la frontière entre l’homme et son oeuvre reste ténue.

Et la part d’ombre dans tout cela ?

Et si comme le Yeti, Hergé restait un personnage méconnu ?

J’ai franchement apprécié la visite du musée et la plongée dans l’univers d’Hergé que j’ai redécouvert à l’occasion. Même si au départ, je pensais ne pas bien le connaître, je me suis rendue compte que les aventures de Tintin, même pour les non initiés, sont profondément ancrées dans notre inconscient collectif. Des souvenirs d’enfance sont ainsi remontés à la surface.

Je suis toutefois restée sur ma faim concernant les moments plus sombres de notre histoire, même s’il est vrai qu’il ne doit pas être facile de les évoquer dans un musée qui relève à certains égard de l’hagiographie.

Rien sur les polémiques créées par Tintin au Congo. Rien sur l’anticommunisme primaire de Tintin au pays des Soviets. Rien sur les dessins antisémites de l’étoile mystérieuse parus dans le Soir durant l’occupation. Un commentaire elliptique sur le fait d’avoir suivi son Roi durant la guerre et qu’il semblait incongru de poursuivre Tintin à la libération.

Traces discrètes du passé, présentées sans commentaire

Loin de moi l’idée de réécrire l’histoire d’hier à l’aune de nos valeurs d’aujourd’hui. Pour moi, les oeuvres de Tintin sont le produit de leur époque et leur auteur avait un don certain pour cerner l’air du temps. Il est toutefois dommage qu’un tel musée n’ait pas mis l’oeuvre en perspective pour la situer dans son contexte idéologique et son milieu.

Cela ne retire rien à l’universalité du personnage de Tintin qui aura fait rêver des générations de 7 à 77 ans à travers le monde. Et le fait que ce musée vaut plus que certainement la visite.

Statue d’Hergé dans le jardin du musée : où tu apprends qu’il aimait les chats. Pauvre Milou !

En pratique

Le musée est ouvert tous les jours à l’exception du lundi.

Toutes les informations ici

Situé à Louvain-la-Neuve. Parking à proximité et gare SNCB à moins de 5 minutes.

Comptez minimum deux heures pour en faire le tour tant la collection est riche.

Malgré la thématique, peu d’activités pour les enfants.

Le restaurant était fermé au moment de ma visite en raison de la situation sanitaire liée à la pandémie de covid19. La boutique, riche en souvenirs du monde de Tintin restait toutefois ouverte.

Enfin, détail très pratique, utilisez les toilettes avant d’entamer la visite car elles se situent au rez-de-chaussée et il vous faudra traverser l’ensemble des salles pour vous y rendre en cours de route.

Matsue : Admirer le coucher du soleil sur le lac Shinji

L’heure rose avec un légère brise sur le lac

Amoureux de la nature, les Japonais ont un don pour la mettre en valeur, parfois en lui donnant un petit coup de pouce pour créer la scène parfaite. Nous en avons fait l’expérience en allant admirer le coucher de soleil au bord du lac Shinji, à Matsue, dans la préfécture de Shimane.

A la recherche de l’endroit parfait

J’avais lu qu’on pouvait admirer un beau coucher du soleil sur le lac à côté du musée d’art de la préfecture de Shimane.

Alors que le soleil commençait tout doucement à décliner, nous sommes sortis du musée pour dénicher l’endroit parfait pour prendre des photos.

Nous voyant à la recherche de quelque chose avec nos appareils photos, une dame japonaise a commencé à nous faire des signes pour nous emmener quelque part. Elle nous avait tout à fait compris car à quelques mètres sur la gauche en partant de la sortie du musée, nous sommes tombés sur le « perfect spot » pour admirer le coucher de soleil. Celui-ci se trouve au sud du musée, le long de la promenade.

Nous n’étions pas seuls. Un grand nombre de touristes essentiellement japonais attendait patiemment que le jour ne commence à décliner, aux premières loges avec leurs trépieds et leurs appareils prêts à capturer le moment.

On se dit qu’on a trouvé le « sunset spot » vu le nombre d’appareils photos prêts à capturer l‘instant

Une île de pins à l’allure mystérieuse et des boddhisattvas

La scène est juste parfaite. Face au lac, Yomegashima, une île, à environ 200 mètres de la rive. D’un ovale quasi parfait et recouverte d’une pinède se découpant pour former des ombres chinoise, cette île est comme souvent au Japon entourée d’une légende. Baptisée littéralement « île de la mariée », elle aurait été créée à l’endroit où une jeune mariée souffrant du mal du pays se serait noyée en cherchant à traverser le lac gelé. Dédié à une déesse, l’île n’est accessible que quelques jours par an mais elle ajoute assurément du cachet à la scène.

Tout au bord du rivage, deux boddhisattvas observent paisiblement le rivage en prenant la pose et donnant de magnifiques reflets dans l’eau.

Ombre de boddhisattva sur le lac à l’heure rosée

Nous sommes restés là environ une demi heure à admirer tel un spectacle de la nature, les reflets du soleil qui se couche, passant de l’or, au doré avant de filer vers les tons roses et d’illuminer toute la baie. Le tout dans un silence de recueillement total malgré le monde autour de nous.

Ce n’est que lorsque la nuit est vraiment tombée que nous avons eu le courage de reprendre la route vers l’hôtel, des étoiles plein les yeux. Ce moment magique reste une de mes plus belles expériences du Japon (et elles sont nombreuses).

En pratique

  • Vous pouvez rejoindre facilement le musée d’art de la préfecture de Shimane par un bus en partant de la gare JR. Arrêt Kenritsu Bijutsukan-mae. Cela prend une dizaine de minutes.
  • Le « sunset spot » est repérable sur le plan de la ville. Une autre façon de le trouver c’est de suivre les trépieds.
  • Des croisières pour admirer le coucher de soleil sont également proposées ici

Loin de la foule déchaînée, flâner dans le cimetière désaffecté du dieweg

Visiter un cimetière, en voilà une activité morbide diront certains après avoir vu mes photos sur Instagram. A l’heure où les autorités belges interdisent les voyages à l’étranger pour cause de pandémie, dans un pays où la densité de population est une des plus élevées au monde et où une population désoeuvrée et confinée découvre les joies de la randonnée, je me suis mise à la recherche d’un havre de paix, loin des foules pour m’échapper seule un après-midi d’hiver ensoleillé. J’ai ainsi poussé les portes du cimetière désaffecté du Dieweg dans les faubourgs de la capitale de l’Europe, au coeur d’Uccle.

Déambuler dans les allées ombragées recouvertes de mousses et écouter le chant des oiseaux

Premières impressions

Guidée par une envie de prendre l’air en cette fin d’hiver, je n’avais pas vraiment préparé ma visite au préalable. Je savais juste qu’il s’agissait d’un cimetière où la nature avait repris ses droits et où il était possible de se promener. J’avais aussi lu quelque part que l’endroit abritait la dernière demeure de Hergé. L’endroit m’apparaissait à la fois fantasmagorique, spirituel et romantique, avec un petit côté effrayant vu l’abandon affiché du site. En poussant la porte, j’ai été accueillie par trois jardiniers qui m’ont tout de suite proposé de me guider à travers les allées. Ce que j’ai tout de suite décliné n’ayant pas de but précis et souhaitant juste partir à la découverte de l’endroit avec mon nouvel appareil photo soigneusement rangé dans mon sac. Le cimetière s’étend en pente douce entre différentes allées centrales verticales et horizontales, recoupées par des petites allées. Si dans un premier temps, je me suis limitée à l’allée centrale, mon attention a vite été attirée par les allées de traverses plus intimistes et ombragées en cette fin d’après-midi ensoleillée. A part trois visiteurs et les jardiniers, j’avais le cimetière pour moi. Les feuilles mortes de l’automne crissaient sous mes pieds tandis que je déambulais au gré du hasard entre les tombes.

Mes pas se sont portés un peu naturellement vers la seule tombe fléchée du cimetière à savoir celle de l’auteur belge de bandes dessinées, Hergé, le père du célèbre Tintin. Habitant le quartier, celui-ci a bénéficié d’une dérogation pour pouvoir être enterré ici en 1983.

Le caveau sobre et modeste de Georges REMI, le créateur de Tintin.
La date manquante à côté du nom de sa seconde épouse indique qu’elle est toujours vivante mais qu’elle le rejoindra un jour.

Un peu d’histoire …

L’existence du cimetière trouve sa source dans les querelles entre laïcs et catholiques au milieu du XIXème siècle. Le cimetière ouvre ses portes en 1866 suite à la décision du gouvernement de l’époque de confier la gestion des sépultures, non plus aux fabriques d’église mais aux communes et d’ouvrir les nécropoles à toutes les confessions. Les préoccupations hygiénistes et une large épidémie de choléra qui a décimé la population bruxelloise ont également joué un rôle dans la décision. Le cimetière connaîtra une croissance rapide en profitant de la fermeture des deux cimetières catholiques locaux et du transfert des sépultures qui s’y trouvaient vers la nouvelle nécropole.

Le cimetière civil accueillera également dès 1877 les défunts de la communauté juive bruxelloise sans qu’il s’agisse d’un cimetière confessionnel. Si l’accueil des défunts juifs a permis de renflouer les caisses communales (les personnes extérieures à la commune payaient en effet plus cher le droit à une concession à perpétuité), cela a également offert un lieu permettant à la communauté juive d’exercer son culte sans contrainte.

Tombé en désuétude après la seconde guerre mondiale, le cimetière a été désaffecté en 1958. A cette époque, on y recensait environ 38.000 défunts. Les concessions étant accordées à perpétuité, les sépultures sont restées tout en tombant dans l’oubli et ont, faute d’entretien régulier par les familles des défunts, peu à peu été envahies par la végétation.

Le classement du site en 1993 garantit néanmoins un entretien minimum et devrait être de nature à perpétuer l’existence de ce site hors du commun.

Les vestiges d’un passé diversifié

Même s’il n’est resté en fonction que pendant moins d’un siècle, le lieu abrite les traces de différents mouvements d’art et d’architecture funéraires de la moitié du XIXème siècle à la seconde guerre mondiale. Contrairement à d’autres lieux de sépulture, je n’ai toutefois pas eu le sentiment de pouvoir suivre l’histoire des soubresauts de l’histoire comme je l’avais ressenti dans certains cimetières allemands.

Aux détours des allées, on retrouve les différents mouvements de l’architecture funéraire du milieu du 19ème à la deuxième guerre mondiale allant du néo-classicisme au néo-gothique en passant par l’art nouveau et l’art déco.

Monument néo-classique avec une touche d’art antique
Une chapelle néo-gothique
Un coup d’oeil à l’intérieur de la chapelle chrétienne et gothique Linssen-Lardinois
Monument funéraire art nouveau de la famille KATZ par le sculpteur bruxellois Puttemans

En tant que cimetière bourgeois non confessionnel, il a aussi la particularité de rassembler des tombes catholiques mais également juives ou laïques.

Pleureuse

A côté des chapelles et monuments imposants, on trouve aussi des vestiges plus modestes comme des anciennes croix en fonte, des statuettes ou encore des photographies en porcelaine des disparus, aspirant à ne pas sombrer dans l’oubli à défaut d’une vie éternelle.

La partie la plus intéressante se trouve au fond du cimetière qui s’étire en pente douce et est constituée des sépultures juives ashkénazes. Le dépaysement est immédiat lorsqu’on parcourt les inscriptions des lieux de naissance des défunts qui reflètent la diversité de la diaspora juive d’avant-guerre. C’est également la section où le reboisement est le plus intense et végétation est la plus touffue. Cela s’explique partiellement par la tradition orthodoxe juive de laisser la végétation s’étendre parmi les tombes mais également par les ravages de la seconde guerre mondiale au sein de la communauté juive.

Quand la nature reprend ses droits

Désaffecté en 1958, le cimetière est peu à peu retourné à la nature. Si les allées centrales restent entretenues, les tombes individuelles ont été délaissées avec le temps et l’absence d’héritiers qui prennent soin des concessions accordées à perpétuité. L’endroit est connu pour la diversité de sa faune et de sa flore. On y trouve un grand nombre d’arbustes persistants mais également des lierres ou des mousses qui envahissent peu à peu l’espace et recouvrent les tombes. Les renards mais également les oiseaux ou les abeilles y ont trouvé refuge. Mes déambulations dans les allées de traverses ont ainsi dérangé un grand nombre de volatiles qui ont pris leur envol en m’entendant arriver.

Les deux heures que j’ai consacrées à la visite de l’endroit ne m’ont pas permis d’en faire le tour. L’ambiance doit également certainement varier en fonction des saisons. Je me suis en tout cas promise d’y retourner à l’automne ou un jour de brume. Si certaines allées peuvent laisser un sentiment de malaise avec leurs tombes délabrées partiellement éventrées par les lierres et les arbustes, l’ensemble m’a laissé un sentiment de calme, de paix intérieure comme on peut en ressentir quand on est en contact avec la nature dans un endroit hors du temps. Un endroit parfait pour l’introspection et la méditation sur la nature humaine et le temps qui passe.

Jusqu’à ce que la mort les sépare et bien au-delà … Une invitation à la réflexion sur la beauté et le sens de la vie

En pratique

Le cimetière est ouvert du lundi au samedi de 8H30 à 16H00 (16h30 le samedi). Accès libre. Personnellement, j’avais fait le choix de ne pas préparer ma visite mais si vous souhaitez ne manquez aucune tombe célèbre, le plan est ici. Sinon, la seule tombe fléchée est celle de Hergé. Le jour de ma visite, les jardiniers qui entretiennent les allées m’ont également proposé de me guider.

Un parking devant l’entrée permet de se garer facilement. On y accède depuis le centre ou le haut de la ville par le tram 92, direction Fort Jaco (arrêt Dieweg). La gare ferroviaire d’Uccle-Calevoet se trouve à un petit quart d’heure à pied.

Balade enchantée au Parc de Furfooz

Aujourd’hui, je vous emmène visiter le parc naturel de FURFOOZ dans la province de Namur en Belgique. C’est parti pour une balade de deux heures le long d’une boucle d’environ 4 kilomètres en terre de nature et d’histoire par une belle journée de fin d’été.

Je n’avais pas préparé la visite à l’avance ce qui a peut-être renforcé mon émerveillement progressif face à la beauté naturelle du site avec ses sentiers sinueux le long des roches. Mais j’ai également été séduite par sa richesse archéologique et la diversité de sa faune et de sa flore. Le massif de Furfooz a été occupé depuis la préhistoire jusqu’à l’époque médiévale et ce n’est certainement pas un hasard si nos ancêtres s’y sont installés.

Après avoir acheté son ticket d’entrée dans une cabane qui ressemble furieusement à celle d’une réserve naturelle au fin fond du Canada, vous suivez un parcours fléché où se succèdent différents points d’intérêt numérotés : on découvre tour à tour des thermes romains reconstitués, les ruines d’une ancienne fortification, des cavernes, des grottes préhistoriques aux noms étranges, des ravins ainsi qu’une nature magnifique avec une forêt d’érables, de mousses, de pierres et de lichens pour finir aux bords d’une rivière à l’eau claire.

En raison de la pandémie, nous ne sommes pas malheureusement pas les seuls à rechercher des beaux endroits isolés pour se promener en respectant les distances sociales. Le parc a été pris d’assaut tout l’été et même si les réservations ne sont plus nécessaires en ce samedi du mois de septembre, les touristes flamands et hollandais sont toujours présents en force. Mais ne boudons pas notre plaisir. Maintenant que nous avons découvert cette merveille, il sera certainement possible d’y retourner en semaine pour profiter plus calmement de l’endroit.

Des vestiges de l’occupation romaine

Après une courte ascension, nous découvrons un premier bâtiment. Il s’agit d’une reconstitution de thermes romains, bâti sur les ruines des bains originaux, probablement construits par des militaires romains qui avaient installé leur garnison à Furfooz. Lors des invasions barbares, les bains ont été convertis en nécropole comme en témoignent les tombes de soldats germaniques exhumées en 1870 par une société d’archéologie locale. En poursuivant la route, nous découvrons également les ruines de la forteresse romaine et médiévale ainsi que des murs et vestiges des fortifications qui en protégeaient les flancs.

Thermes romains reconstruits sur les fondations originelles à la fin des années 50. On y trouve trois bains (caldarium, tepidarium et frigidarium) dans la pure tradition de la Rome antique ainsi qu’un système de chauffage par hypocauste (chauffage par le sol).
Les ruines romaines et médiévales du Plateau d’Hauterecenne (nom probablement dérivé de « haute racine ») au sommet du massif rocheux de Furlooz
Vestiges de murs romains protégeant la forteresse sur le plateau

Des vues magnifiques sur la vallée depuis le plateau

A l’arrivée sur le plateau, une pause est nécessaire pour admirer la vue à 360 degrés. Quel que soit l’endroit où l’oeil se porte, le panorama est superbe. Au niveau du plateau, vous pouvez poursuivre la visite en explorant la première cavité, baptisée le Trou du Grand Duc. Cette cavité surplombe de 50 mètres environ le lit de la rivière et offre une vue magnifique sur la vallée. Au fil des siècles, la Lesse a en effet creusé la roche en y laissant une multitude de cavernes et de grottes. On accède au Trou du Grand Duc par une volée d’escaliers vertigineux. Nous avons préféré passer notre chemin pour éviter la foule.

Vue panoramique sur les collines du plateau du Condroz et les falaises de Furlooz
Vue sur la vallée de la Lesse avec le chemin de fer en arrière plan
Le plateau forme une forteresse naturelle protégée d’un côté par les falaises de Furlooz et de l’autre par le ravin des Vaux que l’on voit ici

Un sentier serpentant vers la rivière qui rappelle l’Asie

Nous entamons ensuite la descente vers la Lesse. J’ai vraiment adoré ces sentiers même s’ils nécessitent quelques efforts physiques (il faut bien reconnaître que je ne suis pas une grande sportive). Je me suis très vite sentie transportée sur un autre continent. Les sentiers bordés de parois rocheuses, d’érables, de pierres, de mousses et de lichens rappellent furieusement certains chemins empruntés au Japon ou en Corée du Sud pour rejoindre des temples bouddhiques isolés. C’est probablement mon imagination mais je m’attendais presque à découvrir au bord du chemin un Bouddha gravé dans la pierre. J’ai dû me contenter de pierres et d’arbres aux formes intéressantes qui évoquent les esprits de la forêt.

Des caves et des grottes remontant à la préhistoire

On entre ici au coeur du Parc où se succèdent différentes grottes et cavernes préhistoriques. La présence humaine dans ces grottes remonte à plusieurs millénaires (entre 12.000 et 17.000 ans environ) à l’époque du Paléolithique supérieur. Les habitants de ces grottes étaient des chasseurs contemporains de ceux des grottes de Lascaux et de leurs célèbres peintures murales.

Les différentes grottes ont reçu des noms particuliers liés à leurs caractérisques géologiques ou à différentes légendes. On a ainsi le « Trou qui fume » en référence à la vapeur d’eau qui en sort par grand froid alors que la température de la grotte et de l’eau qu’elle abrite reste constante. Le « Trou des nutons » fait, quant à lui, référence à de petits nains maléfiques et farceurs dotés de super pouvoirs. Selon la légende, ces habitants des grottes se chargeaient durant la nuit de menus travaux d’artisanat pour les villageois en échange de nourriture.

Certaines grottes avaient également un usage funéraire comme l’Abri de l’Ossuaire à la fin du parcours qui contenait les ossements mélangés de 5 ou 6 Hommes de l’époque Néolithique recouverts de grandes pierres. Aujourd’hui, les cavernes constituent avant tout un abri naturel pour la faune environnante et un terrain de jeux pour les enfants. Il est également possible de s’enfoncer dans leurs profondeurs pour les explorer. La Grotte de la Gatte d’or est même censée contenir un trésor caché dans la plus pure tradition de la quête de la Toison d’Or.

Entrer dans la Grotte des Nutons, sentir la fraicheur et tester son acoustique particulière
Admirer la vue sur la nature de l’intérieur de la Grotte des Nutons
Prendre le temps de se poser pour s’imprégner de la magie du lieu
Se hisser pour découvrir une grotte qui semble avoir servi de tombe collective à l’époque néolithique

Le clapotis de l’eau

A la fin de la descente, on arrive sur les berges de la Lesse où l’on peut se poser un instant pour écouter le clapotis de l’eau. L’endroit est propice à la méditation. La rivière est particulièrement calme et nous ne verrons pas un seul kayak aujourd’hui.

Musarder sur les berges de la Lesse en écoutant le bruit relaxant de l’eau.
Se dire que les rochers sont partout, jusque dans la Lesse et se rappeler que pour les adeptes du shinto, les rochers sont sacrés.

Une pause gourmande le long des berges

Sur les bords de la Lesse, n’hésitez pas à faire une pause à la Flobette, une gargotte offrant une petite restauration végétarienne, simple et artisanale, basée sur les produits locaux et de saison. Nous avons ainsi dégusté un hamburger végétarien avec une délicieuse salade mélangée avec des herbes et des graines aux saveurs particulières, le tout agrémenté de limonades biologiques ou de bières locales. Le service est agréable et souriant.

A la recherche de la Lesse souterraine

La Lesse a non seulement façonné le relief actuel du massif de Furfooz mais elle est également toujours bien présente dans son sous-sol. Une partie de la rivière devient souterraine au Chantoir des Nutons et réapparaît un peu plus loin dans le lac artificiel de l’impressionant Puits des Vaux.

La grotte de la Gatte d’or, un des anciens débouchés de la Lesse souterraine et selon la légende, la cachette d’un trésor caché dans une peau de chèvre.
L’impressionnant Puits des Vaux, un précipice d’environ 30 mètres donnant sur un lac souterrain d’une profondeur estimée également à au moins trente mètres. C’est ici que la Lesse souterraine rejoints brièvement la surface.
A la fin du parcours, la forêt et sa « rivière sèche » comme on la voit à Nikko ou à Miyajima. Plus que quelques pas à faire pour rejoindre le parking.

En Pratique

Le parc est ouvert d’avril à fin octobre de 10 à 17 heures. Le prix d’entrée est de 5 euros pour les adultes, 1 euro pour les enfants et 2 euros pour les étudiants (de moins de 25 ans). Il est possible d’acheter un billet combiné avec le Château de Vêves, situé à proximité.

Le parc est proche de Dinant, à environ 100km de Bruxelles, soit un peu plus d’une heure en voiture. Comptez deux bonnes heures pour faire le tour à l’aise, un peu plus si vous souhaitez vous attarder à la Flobette et profiter de la vue sur la Lesse.

Durant l’été 2020, il était nécessaire de réserver afin d’éviter l’affluence. Ce n’était plus le cas en septembre. A vérifier sur leur site http://www.parcdefurfooz.be/fr/accueil/. Le parking est gratuit mais avec l’affluence de touristes, nous avons dû nous garer le long de la route et marcher quelques mètres supplémentaires pour rejoindre l’entrée du parc.

Si la balade peut se faire avec des enfants, elle est déconseillée aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite. Une bonne condition physique est nécessaire en raison du dénivelé. Le parcours est fléché et accompagné de panneaux didactiques. Nous n’avons toutefois pas regretté d’avoir acheté le guide pratique à un euro qui donne des indications sur les fouilles qui ont eu lieu sur le site et la faune et la flore présente.

Les trois plus belles vues du Japon

Les Japonais sont friands de codification. Au début de l’ère d’Edo, sous le shogunat des Tokugawa, un érudit répondant au nom de Hayashi RAZAN aurait été le premier à classifier les trois vues les plus célèbres du Japon. Celles-ci sont du Nord au Sud : Matsushima, Amanohashidate et Miyajima. A une époque où le Japon se fermait à toute influence étrangère, des philosophes, des poètes et des artistes mettaient à l’honneur la beauté des paysages intérieurs s’inspirant de la tradition Shinto. Ces trois vues restent célèbres aujourd’hui.

Lors de mes différents voyages au Japon, j’ai eu l’occasion de visiter deux d’entre elles, à savoir Amanohashidate et Miyashima.

Amanohashidate ou le pont vers le paradis

Amanohashidate est célèbre pour son banc de sable de près de 3,5 kilomètres recouvert par une pinède. La dune d’une largeur s’étendant entre 20 et 170 mètres de largeur permet de relier à pied les deux rives de la baie de Miyazu. Il est possible de la traverser à pied sur toute sa longueur.

La meilleure manière d’apprécier la vue et de comprendre la signification du « pont vers le ciel » est toutefois de l’admirer à partir du parc Kasamatsu. Ce parc surplombe la baie et peut être rejoint par un funiculaire ou un télésiège. Le site est très populaire chez les touristes japonais qui se massent sur le promontoire pour accomplir un rite, paraît-il millénaire : les visiteurs tournent le dos à la baie et se penchent pour obtenir une vue de la dune à l’envers, entre leurs jambes écartées. La dune semble alors, tel un dragon, flotter vers le ciel, en direction du Paradis. Je me suis pliée à l’exercice mais je ne l’ai malheureusement pas immortalisé sur la pellicule.

La vue sur le banc de sable du versant de la montagne donnant sur la baie
La vue du promontoire où les visiteurs mettent la tête en bas pour admirer le pont vers le ciel
Un visiteur en action
Le banc de sable, paradis du jogging
Les plages sont également prisées pour admirer la beauté de la nature environnante
Un coin de paradis pour la faune également. Ici, un héron, toujours élégant
Et pour finir, un endroit parfait pour les photos de couchers du soleil. Ici juste devant le ryokan où on logeait

Y ACCEDER : Environ deux heures de train par le Hashidate Limited Express à partir de Kyoto. Notez qu’un supplément est requis pour les détenteurs d’un JR Pass car le train emprunte une ligne privée non couverte par le JR Pass.

Y LOGER : Je recommande vivement de passer la nuit à Amanohashidate pour profiter de l’endroit au soleil couchant et se poser en admirant la beauté de l’endroit. Le ryokan Shinpuro était juste parfait pour profiter d’un délicieux repas Kaiseiki et d’un onsen. Pour réserver (à savoir : l’anglais des propriétaires était rudimentaire en 2012 mais l’accueil y était très attentif et absolument charmant) : https://www.shinpuro.com

Miyajima ou l’île sacrée

Miyajima est avant tout célèbre pour son Torii vermillon flottant qui garde l’entrée du sanctuaire shinto d’Itsukushima. Séparation entre le profane et le sacré, le torii marque l’entrée du sanctuaire. Il faut s’imaginer les pélerins de jadis arrivant en bateau et passant sous la voute du torii haut de 16 mètres et de plus de 60 tonnes pour aller prier au sanctuaire construit sur pilotis.

Le torii est le plus photogénique à marée haute quand il semble flotter sur l’eau. La nuit, le sanctuaire et son torii sont éclairés ce qui permet d’en admirer de beaux reflets. Le lieu est également très impressionnant à marée basse car c’est en s’approchant à pied qu’on peut prendre la mesure de sa taille. Si vous envisagez un aller-retour rapide, il est utile de consulter les horaires des marées et de privilégiez la marée haute. Mais vous l’aurez compris, le torii mérite qu’on s’y attarde à chaque heure de la journée et qu’on l’admire sous tous les angles.

Les racines shinto de l’île remontent au 6ème siècle et font de Miyajima un des endroits les plus sacrés du Japon. On pourrait s’en étonner quand on déambule dans la rue principale avec ses boutiques envahies par les touristes. Il suffit de s’éloigner un peu du centre et du sanctuaire shinto pour se reconnecter avec la nature et la beauté de l’endroit.

Y ACCEDER : A partir d’Hiroshima, prendre la ligne JR Sanyo jusqu’à Miyajimaguchi (le trajet prend environ une demi-heure). A la sortie de la gare marcher tout droit 5 minutes pour arriver à l’embarcadère des ferrys JR. Le tout est couvert par le JR Pass. La traversée prend ensuite une dizaine de minutes. Se poster dans la mesure du possible sur le côté droit du bateau pour assister à l’arrivée au port de Miyajima en passant à quelques mètres du torii flottant.

Y LOGER : Passer une nuit à Miyajima quand la majorité des touristes ont quitté l’île est absolument magique. Revers de la médaille, il n’y a pas beaucoup de lieux d’hébergement. Ils sont chers et très vite complets. Pensez donc à réserver à l’avance. Nous y avons logé deux fois sans garder un souvenir impérissable de notre Ryokan.

S’Y RESTAURER : Miyajima est célèbre pour ses huitres et ses anguilles. Une adresse incontournable pour les déguster : le restaurant Kaki-Ya sur la rue principale qui offre des sets comprenant des huitres froides, frites, confites, en soupe et sur du riz. Un vrai régal. Ils ont également une succursale bien cachée sur les hauteurs où il est possible de prendre le thé en dégustant des gâteaux à l’européenne. Les deux fois que nous y sommes allés l’endroit était désert mais c’est probablement trop beau pour durer … http://www.kaki-ya.jp/index.php

VOIR MIYAJIMA AUTREMENT : Pour aller au-delà du Torii flottant et de sa horde de touristes, offrez-vous un safari photo sur l’île avec Yann, un français expatrié qui vous fera découvrir des endroits insoupçonnés et les meilleurs endroits pour prendre de magnifiques photos souvenirs. Pour réserver, c’est par ici https://hiroshimasafari.com

Encore à découvrir, Matsushima, l’archipel des pins

Quant à Matsushima, elle est sur ma liste des endroits à visiter pour un prochain voyage. Matsushima est un groupe de petites îles non loin de Sendai dans la préfecture de Miyagi au nord du Japon. Il y a 260 petites îles (shima) couvertes de pins maritimes (matsu), d’où le nom. Je vous laisse ici l’imaginer à partir d’une estampe japonaise et vous en reparlerai dès que j’y serai allée.

Une estampe de Kawase HASUI illustrant l’archipel des pins au clair de lune

Rencontres du troisième type à la Fondation Verbeke

Intrigués par les photos de soucoupes volantes de couleur orange qu’une amie avait posté sur Instagram et notre curiosité stimulée par un article de Mu In the City, nous avons décidés de pousser la porte de cette Fondation d’Art contemporain pas comme les autres.

L’affichage brut indiquant l’entrée de la Fondation Verbeke

Collectionner, une maladie

Située le long d’une voie rapide entre Anvers et Knokke, la Fondation est logée sur un vaste terrain de 12 hectares à la fois champêtre et industriel dans les anciens entrepôts de la société de transport routier de son propriétaire, Geert Verbeke. Ce dernier décrit son besoin de collectionner comme une drogue dont il est quasiment impossible de se passer. Geert et sa femme Carla ont démarré leur collection dans les années 1990 par le biais de l’Art abstrait. Ils se sont ensuite intéressés aux collages et possèdent aujourd’hui une collection de plus de 6.000 pièces émanant d’artistes essentiellement belges, connus ou moins connus. Profitant des espaces disponibles, ils ont ensuite déployés de plus larges installations et ont investi plus récemment dans le « bio art ».

La fondation, ouverte au public depuis 2007, se définit comme un lieu où la culture, la nature et l’écologie se rejoignent. Des artistes y ont également la possibilité d’y résider et d’y créer sur place leurs oeuvres; certaines à partir de matériaux bruts ainsi recyclés. En créant sa fondation, sans subside public, Geert Verbeke a souhaité se délivrer de toute contrainte et créer un espace à sa façon, loin des lieux d’art épurés et aseptisés. Il la définit de la manière suivante : “Notre espace d’exposition n’a pas pour ambition d’être une oasis. Notre présentation est inachevée, dynamique, brute, contradictoire, désordonnée, complexe, dissonante, vivante, et non monumentale, comme l’est le monde au dehors des murs du musée. Vous ne trouverez pas de bâtiment fantastique et sensationnel ici mais un endroit plutôt rafraîchissant et sans prétention pour admirer l’art et une critique subtile du monde de l’art.”

L’entrée c’est par ici.

Un musée en perpétuelle mutation

Après avoir trouvé le container qui sert de couloir d’entrée, vous plongez dans une autre ambiance. Un grand espace assez froid avec de grands espaces vides, des armoires alignées et des animaux désossés ou empaillés. L’inscription en allemand l’Art libère (« Art macht frei ») qui fait écho au sinistre portail d’Auschwitz-Birkenau ajoute à un certain sentiment de malaise qui mettra un peu de temps à se dissiper. Si la Fondation se décrit comme perpétuellement en mouvement, le thanatos est bien présent et intégré comme le prolongement de la vie.

Détournement par les Happy famous artists d’une expression de sinistre mémoire
Installations morbides de Maarten uit den Bogaard qui transforme des cadavres d’animaux en sons produits par de l’électricité
Du même artiste ou comment le sang réagi chimiquement quand il est mélangé à d’autres liquides
A côté des êtres vivants dans le formol, les os et les carcasses de Gerald Pinedo

Le côté dynamique, vivant et décalé de l’endroit se ressent dès l’arrivée. S’il s’agit d’une Fondation privée, on est loin du côté léché des Pinault ou des Cartier. Un gigantesque panneau de signalisation en acier avec l’enseigne du Mac Do vous accueille. Le parking est aisé. Vous pouvez choisir de vous garer à côté de vieilles locomotives rouillées, de tubes transformés en oeuvre d’art ou de ce qui ressemble à une péniche échouée. Au premier coup d’oeil, on se dit que l’endroit va secouer.

Une ligne terminus avec des locomotives rouillées vous accueillent. Les fans d’urbex industriels seront ravis. Au fond à gauche, l’enseigne du Mac Do.
Malgré les apparences, le parking est gratuit
Péniche échouée ?

Les différents espaces de la Fondation peuvent se découvrir au gré des envies, sans qu’il n’y ait de sens à respecter. Vous passez facilement d’un espace à l’autre, qu’il fasse partie des espaces couverts ou extérieurs.

Envie de planer dans l’Orangerie ?
Au-delà de ce point, vos papiers svp

Les collages comme philosophie de la vie

Le bâtiment qui expose une partie de la collection de collages des propriétaires et leurs dernières acquisitions est la partie la plus classique de la Fondation. Une longue pièce où les artistes se suivent dans un enchaînement somme toute classique. A un détail près : les collages par le jeu d’assemblages mènent le visiteur à s’interroger sur la réalité et le bien-fondé de ce qu’il croit voir ou percevoir.

Un terrain de jeu industriel après une invasion extraterrestre

Une immense verrière permet de relier le bâtiment principal à l’espace d’exposition consacrée aux collages. Une fois encore, l’ambiance y est radicalement différente : on a l’impression d’arriver dans un désert après une explosion nucléaire où des éléments du réel ont été transformés ou ont radicalement mutés : sable, voiture vintage envahie par les branchages, arbres difformes, navettes spatiales constituées à partir de machines à laver, poulailler se donnant pour ambition de produire le poulet parfait de Koen Vanmechelen, etc.

Le parcours se poursuit à l’extérieur des bâtiments au détour d’allées comme une sorte de labyrinthe bien agencés. On y trouve des bâtiments conçus pour s’intégrer dans la nature qui font penser à des OVNIS, posés en bord d’étang.

Des sculptures, des bâtiments construits à partir de matériaux de récupération, une bulle pneumatique noire contenant des carcasses d’animaux inquiétantes, tout droit sorti d’un épisode de la série X-files.

La nature est également mise en scène que ce soit une forêt poussant sur un échafaudage de cathédrale, des saules pleureurs sauvés de la destruction et transformés en sculpture ou encore du ciel et rayons du soleil mis en valeur par une magnifique sculpture en bois rappelant la beauté de Panthéon à Rome.

Des grues, des citernes ou encore une pale d’éolienne s’intègrent dans le décor et deviennent à leur manière des artéfacts représentatifs d’une époque en constante mutation.

La balade est un vrai plaisir. A chaque détour, des découvertes suscitent l’enthousiasme, l’étonnement et parfois la répulsion. L’endroit tout en ne se prenant pas au sérieux est unique et extrêmement photogénique. Il mérite certainement votre visite.

En pratique

La Fondation Verbeke est ouverte au public du jeudi au dimanche de 11 et 18 heures. Comptez deux-trois heures pour la visite du parc et des bâtiments.

L’entrée est de 12 euros pour un adulte; gratuit pour les enfants de moins de 14 ans accompagnés d’un adulte.

Adresse : Verbeke Foundation, Westakker 1, 9190 Kemzeke (Belgique). La Fondation se situe à environ une heure de Bruxelles en voiture. Grand parking gratuit.

Cafétéria avec terrasse offrant une petite restauration (croque-monsieur, soupe du jour, gâteaux).

Plus d’infos : consultez le site web de la Fondation (en Néerlandais ou en Anglais) https://verbekefoundation.com/en/plan-uw-bezoek/plan-uw-bezoek/