Belgique, nature
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Découvrir la cité de verre des serres royales de Laeken

S’il faut retenir un point positif de la pandémie de Covid19 et des restrictions de voyage qu’elle entraîne, c’est qu’elle nous aura permis de découvrir les moindres recoins de notre petit pays et d’y dénicher des trésors cachés ou ignorés jusqu’ici.

Je vous emmène aujourd’hui pour une visite inédite des jardins du Château de Laeken et des serres attenantes. Inédite car en raison de la situation sanitaire, le parcours de la visite a été réaménagé et comprend cette année une visite du parc du Château sur environ deux kilomètres avant de plonger dans l’atmosphère subtropicale des principales serres du Palais.

Une fois encore, nous suivons les traces du Roi bâtisseur et controversé, Léopold II.

Une tradition centenaire, une saveur inédite avec une balade dans le parc du Château

Chaque année au mois de mai, depuis plus d’un siècle, les serres royales situées sur le site du Palais de Laeken, résidence de la famille royale belge s’ouvrent pour trois semaines au public.

L’attente devant les grilles du Château

Cette année, la visite est particulière puisqu’elle comprend exceptionnellement une balade d’environ deux kilomètres dans le parc du Palais.

L’itinéraire du parcours 2021. A consulter dans l’allée centrale du parc.

Le parcours passe tout d’abord devant le Palais pour ensuite jouxter les serres avant de rejoindre un Belvédère donnant une vue plongeante sur un lac en contrebas et la capitale à l’horizon.

Le jardin du Belvédère avec sa glycine en fleurs, sa vue sur le lac et au loin la vue sur Bruxelles

La promenade se poursuit le long d’un sentier aménagé et vallonné qui offre de belles perspectives sur les serres.

Les serres vue du Parc

Le parcours permet également de découvrir une vallée creusée par l’homme à la fin du XIXème et agrémentée d’un plan d’eau et d’une copie de ruine d’un temple antique. Je ne peux pas dire que ces fausses ruines m’aient convaincues.

Les fausses ruines dans la vallée créée de toute pièce par l’architecte français Lainé en 1898

On rejoint ensuite les serres en passant devant l’atelier de sculpture de la reine Elisabeth.

L’atelier de sculpture (1938) de la reine Elisabeth, troisième reine des Belges et fondatrice du concours musical qui porte son nom

Arrivés à l’entrée des serres, n’oubliez pas de vous retourner pour admirer une dernière fois la vue et notamment sur la gauche, la pagode japonaise, édifiée environ à la même époque que les serres par l’infatigable roi bâtisseur.

Vue sur la pagode japonaise à partir de la terrasse des serres de l’embarcadère

Une cité de verre et d’acier

Cette année, la visite est limitée aux serres principales, plus spacieuses et plus à même de garantir la distanciation sociale.

La visite débute dans la serre de l’embarcadère pour se poursuivre dans la serre du Congo avant de gagner le Palais d’hiver et de terminer par l’Orangerie.

L’amoureuse d’architecture est instantanément tombée sous la charme de ces merveilles de verres et d’acier, si représentatives de l’architecture de la fin du XIXème siècle.

Construites par l’architecte attitré du Roi Leopold II, Alphonse Balat, les serres furent conçues en 1873 dans l’objectif de compléter le Château de Laeken et d’abriter la collection de fleurs, de plantes et d’arbres exotiques rassemblées dans un premier temps par le Roi au cours de ses voyages.

Construites entre 1874 et 1905 (inspirées par le Crystal palace londonien détruit par le feu et contemporaines de la Tour Eiffel ou du superbe Palais de cristal de Madrid), elles reflètent les innovations techniques de l’époque avec l’usage du verre et de l’acier.

Vue sur le Jardin d’hiver en arrivant de la cour du Château

Balat ayant comme élève, le jeune Victor Horta, les serres préfigurent le mouvement Art nouveau qui fleurira partout en Europe.

Motifs floraux et « coups de fouet » précurseurs de l’Art nouveau

Quelques chiffres permettent de se faire une idée de l’envergure des édifices :

  • le complexe de serres couvre une surface au sol de 1,5 hectares
  • les toitures représentent 2,5 hectares de verre
  • 651 tonnes d’acier ont été nécessaires pour bâtir le seul Jardin d’hiver
  • Les serres abritent des milliers de plantes venant des différents continents dont certaines ont plus de 200 ans
  • 60 employés veillent à la conservation de ce patrimoine.
La coupole de verre du Jardin d’hiver, une prouesse technique et architecturale pour l’époque

Un paradis de fleurs et de plantes tropicales

Contrairement aux jardins botaniques classiques, ne cherchez pas les étiquettes pour indiquer les noms en latin des plantes. Les serres n’ont pas à première vue une vocation scientifique même si on se doute qu’elles contiennent des espèces rares inestimables.

J’ai particulièrement apprécié les splendides pots chinois en émail cloisonné de la serre de l’embarcadère, ramenés par le Roi Leopold II d’un voyage en Extrême-Orient alors qu’il était encore Duc de Brabant.

Exotisme et classicisme accueille le visiteur dans la serre de l’embarcadère

Admirer les plantes et les fleurs mais également la finesse des poteries d’Extrême-Orient

Les serres fleurent également le goût pour l’exotisme, les voyages au long cours et la découverte de nouveaux territoires lointains. Il ne faut pas se voiler la face, elle sont aussi le reflet de l’âge d’or de la Belgique coloniale, avec notamment la serre du Congo.

Découvrir la végétation luxuriante dans la serre du Congo

A l’origine, le Roi voulait y héberger des plantes et arbres tropicaux du bassin du Congo. Cette végétation résistant mal à l’hiver belge, elle fut remplacée par une végétation subtropicale. Elle abrite aujourd’hui des grands palmiers de Chine, d’Australie ou de Californie, des fougères, des caoutchoucs ou des dragonniers.

Fleurs et plantes croisées en chemin. Les plants de fougères semblant sortir tout droit de l’atelier d’un taxidermiste m’ont fait une forte impression

Mais le clou du spectacle est assurément la découverte du Jardin d’hiver. Le première serre construite entre 1874 et 1876. Sa coupole de verre, surmontée d’une couronne est majestueuse. Destinée aux réceptions royales, elle accueille une végétation subtropicale luxuriante avec certaines plantes remontant à sa construction.

La coupole de verre du Jardin d’hiver que l’on peut admirer depuis les jardins
L’intérieur du Jardin d’hiver, ses espaces de réception et son bouquet d’hortensia

La visite se termine dans l’Orangerie qui abrite l’hiver les orangers et les camélias, chers au Roi Léopold II.

L’orangerie utilisée l’hiver pour protéger les plantes du froid et ses orangers

Vous l’aurez compris, la visite m’a enthousiasmé. N’hésitez pas à vous y rendre à votre tour si vous êtes en Belgique au moment de l’ouverture des serres. C’est vraiment une occasion unique de découvrir un patrimoine exceptionnel.

En pratique

Les serres royales de Laeken sont ouvertes au public trois semaines par an, généralement au mois de mai. En 2021, pour des raisons liées à la pandémie, il est obligatoire de réserver au préalable sur le site internet www.koninklijke-serres-royales.be.

L’entrée est de 2,5 euros (2021). Masque obligatoire. Des agents de sécurité/ policiers veillent au grain tout au long du parcours. La visite nous a pris une heure trente environ en prenant des photos mais sans s’attarder exagéremment.

Pour s’y rendre, la gare de Bockstael se trouve à un petit kilomètres de là. Un arrêt de bus « Serres royales » sur la ligne 53 (direction Dieleghem) s’arrête à environ 200 mètres de l’entrée du Palais. Sinon, il est toujours possible de se garer en face du Palais, avenue de la Dynastie (le nombre de places est toutefois limité).

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