Belgique
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Balade enchantée au Parc de Furfooz

Aujourd’hui, je vous emmène visiter le parc naturel de FURFOOZ dans la province de Namur en Belgique. C’est parti pour une balade de deux heures le long d’une boucle d’environ 4 kilomètres en terre de nature et d’histoire par une belle journée de fin d’été.

Je n’avais pas préparé la visite à l’avance ce qui a peut-être renforcé mon émerveillement progressif face à la beauté naturelle du site avec ses sentiers sinueux le long des roches. Mais j’ai également été séduite par sa richesse archéologique et la diversité de sa faune et de sa flore. Le massif de Furfooz a été occupé depuis la préhistoire jusqu’à l’époque médiévale et ce n’est certainement pas un hasard si nos ancêtres s’y sont installés.

Après avoir acheté son ticket d’entrée dans une cabane qui ressemble furieusement à celle d’une réserve naturelle au fin fond du Canada, vous suivez un parcours fléché où se succèdent différents points d’intérêt numérotés : on découvre tour à tour des thermes romains reconstitués, les ruines d’une ancienne fortification, des cavernes, des grottes préhistoriques aux noms étranges, des ravins ainsi qu’une nature magnifique avec une forêt d’érables, de mousses, de pierres et de lichens pour finir aux bords d’une rivière à l’eau claire.

En raison de la pandémie, nous ne sommes pas malheureusement pas les seuls à rechercher des beaux endroits isolés pour se promener en respectant les distances sociales. Le parc a été pris d’assaut tout l’été et même si les réservations ne sont plus nécessaires en ce samedi du mois de septembre, les touristes flamands et hollandais sont toujours présents en force. Mais ne boudons pas notre plaisir. Maintenant que nous avons découvert cette merveille, il sera certainement possible d’y retourner en semaine pour profiter plus calmement de l’endroit.

Des vestiges de l’occupation romaine

Après une courte ascension, nous découvrons un premier bâtiment. Il s’agit d’une reconstitution de thermes romains, bâti sur les ruines des bains originaux, probablement construits par des militaires romains qui avaient installé leur garnison à Furfooz. Lors des invasions barbares, les bains ont été convertis en nécropole comme en témoignent les tombes de soldats germaniques exhumées en 1870 par une société d’archéologie locale. En poursuivant la route, nous découvrons également les ruines de la forteresse romaine et médiévale ainsi que des murs et vestiges des fortifications qui en protégeaient les flancs.

Thermes romains reconstruits sur les fondations originelles à la fin des années 50. On y trouve trois bains (caldarium, tepidarium et frigidarium) dans la pure tradition de la Rome antique ainsi qu’un système de chauffage par hypocauste (chauffage par le sol).
Les ruines romaines et médiévales du Plateau d’Hauterecenne (nom probablement dérivé de « haute racine ») au sommet du massif rocheux de Furlooz
Vestiges de murs romains protégeant la forteresse sur le plateau

Des vues magnifiques sur la vallée depuis le plateau

A l’arrivée sur le plateau, une pause est nécessaire pour admirer la vue à 360 degrés. Quel que soit l’endroit où l’oeil se porte, le panorama est superbe. Au niveau du plateau, vous pouvez poursuivre la visite en explorant la première cavité, baptisée le Trou du Grand Duc. Cette cavité surplombe de 50 mètres environ le lit de la rivière et offre une vue magnifique sur la vallée. Au fil des siècles, la Lesse a en effet creusé la roche en y laissant une multitude de cavernes et de grottes. On accède au Trou du Grand Duc par une volée d’escaliers vertigineux. Nous avons préféré passer notre chemin pour éviter la foule.

Vue panoramique sur les collines du plateau du Condroz et les falaises de Furlooz
Vue sur la vallée de la Lesse avec le chemin de fer en arrière plan
Le plateau forme une forteresse naturelle protégée d’un côté par les falaises de Furlooz et de l’autre par le ravin des Vaux que l’on voit ici

Un sentier serpentant vers la rivière qui rappelle l’Asie

Nous entamons ensuite la descente vers la Lesse. J’ai vraiment adoré ces sentiers même s’ils nécessitent quelques efforts physiques (il faut bien reconnaître que je ne suis pas une grande sportive). Je me suis très vite sentie transportée sur un autre continent. Les sentiers bordés de parois rocheuses, d’érables, de pierres, de mousses et de lichens rappellent furieusement certains chemins empruntés au Japon ou en Corée du Sud pour rejoindre des temples bouddhiques isolés. C’est probablement mon imagination mais je m’attendais presque à découvrir au bord du chemin un Bouddha gravé dans la pierre. J’ai dû me contenter de pierres et d’arbres aux formes intéressantes qui évoquent les esprits de la forêt.

Des caves et des grottes remontant à la préhistoire

On entre ici au coeur du Parc où se succèdent différentes grottes et cavernes préhistoriques. La présence humaine dans ces grottes remonte à plusieurs millénaires (entre 12.000 et 17.000 ans environ) à l’époque du Paléolithique supérieur. Les habitants de ces grottes étaient des chasseurs contemporains de ceux des grottes de Lascaux et de leurs célèbres peintures murales.

Les différentes grottes ont reçu des noms particuliers liés à leurs caractérisques géologiques ou à différentes légendes. On a ainsi le « Trou qui fume » en référence à la vapeur d’eau qui en sort par grand froid alors que la température de la grotte et de l’eau qu’elle abrite reste constante. Le « Trou des nutons » fait, quant à lui, référence à de petits nains maléfiques et farceurs dotés de super pouvoirs. Selon la légende, ces habitants des grottes se chargeaient durant la nuit de menus travaux d’artisanat pour les villageois en échange de nourriture.

Certaines grottes avaient également un usage funéraire comme l’Abri de l’Ossuaire à la fin du parcours qui contenait les ossements mélangés de 5 ou 6 Hommes de l’époque Néolithique recouverts de grandes pierres. Aujourd’hui, les cavernes constituent avant tout un abri naturel pour la faune environnante et un terrain de jeux pour les enfants. Il est également possible de s’enfoncer dans leurs profondeurs pour les explorer. La Grotte de la Gatte d’or est même censée contenir un trésor caché dans la plus pure tradition de la quête de la Toison d’Or.

Entrer dans la Grotte des Nutons, sentir la fraicheur et tester son acoustique particulière
Admirer la vue sur la nature de l’intérieur de la Grotte des Nutons
Prendre le temps de se poser pour s’imprégner de la magie du lieu
Se hisser pour découvrir une grotte qui semble avoir servi de tombe collective à l’époque néolithique

Le clapotis de l’eau

A la fin de la descente, on arrive sur les berges de la Lesse où l’on peut se poser un instant pour écouter le clapotis de l’eau. L’endroit est propice à la méditation. La rivière est particulièrement calme et nous ne verrons pas un seul kayak aujourd’hui.

Musarder sur les berges de la Lesse en écoutant le bruit relaxant de l’eau.
Se dire que les rochers sont partout, jusque dans la Lesse et se rappeler que pour les adeptes du shinto, les rochers sont sacrés.

Une pause gourmande le long des berges

Sur les bords de la Lesse, n’hésitez pas à faire une pause à la Flobette, une gargotte offrant une petite restauration végétarienne, simple et artisanale, basée sur les produits locaux et de saison. Nous avons ainsi dégusté un hamburger végétarien avec une délicieuse salade mélangée avec des herbes et des graines aux saveurs particulières, le tout agrémenté de limonades biologiques ou de bières locales. Le service est agréable et souriant.

A la recherche de la Lesse souterraine

La Lesse a non seulement façonné le relief actuel du massif de Furfooz mais elle est également toujours bien présente dans son sous-sol. Une partie de la rivière devient souterraine au Chantoir des Nutons et réapparaît un peu plus loin dans le lac artificiel de l’impressionant Puits des Vaux.

La grotte de la Gatte d’or, un des anciens débouchés de la Lesse souterraine et selon la légende, la cachette d’un trésor caché dans une peau de chèvre.
L’impressionnant Puits des Vaux, un précipice d’environ 30 mètres donnant sur un lac souterrain d’une profondeur estimée également à au moins trente mètres. C’est ici que la Lesse souterraine rejoints brièvement la surface.
A la fin du parcours, la forêt et sa « rivière sèche » comme on la voit à Nikko ou à Miyajima. Plus que quelques pas à faire pour rejoindre le parking.

En Pratique

Le parc est ouvert d’avril à fin octobre de 10 à 17 heures. Le prix d’entrée est de 5 euros pour les adultes, 1 euro pour les enfants et 2 euros pour les étudiants (de moins de 25 ans). Il est possible d’acheter un billet combiné avec le Château de Vêves, situé à proximité.

Le parc est proche de Dinant, à environ 100km de Bruxelles, soit un peu plus d’une heure en voiture. Comptez deux bonnes heures pour faire le tour à l’aise, un peu plus si vous souhaitez vous attarder à la Flobette et profiter de la vue sur la Lesse.

Durant l’été 2020, il était nécessaire de réserver afin d’éviter l’affluence. Ce n’était plus le cas en septembre. A vérifier sur leur site http://www.parcdefurfooz.be/fr/accueil/. Le parking est gratuit mais avec l’affluence de touristes, nous avons dû nous garer le long de la route et marcher quelques mètres supplémentaires pour rejoindre l’entrée du parc.

Si la balade peut se faire avec des enfants, elle est déconseillée aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite. Une bonne condition physique est nécessaire en raison du dénivelé. Le parcours est fléché et accompagné de panneaux didactiques. Nous n’avons toutefois pas regretté d’avoir acheté le guide pratique à un euro qui donne des indications sur les fouilles qui ont eu lieu sur le site et la faune et la flore présente.

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